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Archive mensuelle de septembre 2011

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Dette grecque : la crise qui va faire éclater l’Europe

Dette grecque : la crise qui va faire éclater  l’Europe

Si les bourses ont dévissé récemment, elles le doivent au recul de l’emploi aux Etats-Unis mais surtout en Europe aux craintes de plus en plus fortes vis-à-vis  d’un éventuel  défaut de la Grèce. Si la Grèce plonge, d’autres pays fragilisés par leur dette, comme l’Italie par exemple pourraient suivre. Si l’Europe se montre incapable d’assurer le sauvetage financier d’un petit pays comme le Grèce, il est évident qu’elle démontera alors qu’elle ne peut soutenir des pays aussi importants que l’Italie, l’Espagne et à fortiori la France. Le plan du 21 juillet concernant la Grèce est plus que menacé, d’une part par la Grèce qui ne tient pas ses engagements, d’autre part par les réticences de certains pays européens qui pensent que de toute manière la Grèce est condamnée au défaut. Le ministre grec des Finances, Evangélos Vénizélos, a reconnu que le pays ne respecterait pas son objectif de déficit public pour 2011 du fait de l’aggravation de la récession.  « Une telle annonce remet en cause le second plan de sauvetage qui a été annoncé le 21 juillet. Il ne pourra pas être mis en place si le pays est incapable d’instaurer des plans de rigueur rapidement efficaces », s’est inquiété Renaud Murail, gérant d’actions chez Barclays Bourse à Paris. Pour manifester leur mauvaise humeur, les représentants de la Commission européenne, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE) ont quitté la Grèce  et ont donné dix jours au gouvernement pour faire avancer les réformes structurelles. La commission parlementaire grecque indépendante avait pourtant tiré la sonnette d’alarme en indiquant que la « la dette n’était plus sous contrôle ». Ce qui avait fait vivement régir le ministre grec des finances. »Il est clair que cet organisme », dont la mission est d’informer les commissions parlementaires compétentes, « ne dispose ni des connaissances, ni de l’expérience, ni de la responsabilité » requises, a- déclaré le ministre grec des finances. Après ces critiques, la directrice de l’organisme, l’économiste Stella Savva-Balfousia, a présenté sa démission. C’est un peu comme si en France, le ministre des finances déclarait que la Cour des comptes est incompétente ! Ce conflit entre le ministre grec et la commission indépendante,  spécialement mise en place pour suivre le budget grec, ne clarifie fie pas la situation. D’autant que des doutes de plus en plus nombreux émergent vis à vis de la solvabilité de la Grèce. La Grèce négocie actuellement le versement d’une sixième tranche du prêt accordé l’an passé. Par ailleurs, elle bataille durement pour la mise en œuvre du plan adopté par l’Europe le 21 juillet. En fait, les réticences européennes sont de plus en plus nombreuses vis-à-vis de la dette grecque qui représente 350 milliards et qui au lieu de se réduire ne fait que progresser. En cause, l’insuffisance des mesures structurelles notamment celles relatives aux privatisations, à la fiscalité et au marché du travail. Mesures très impopulaires que le gouvernement grec, qui ne veut pas se griller totalement politiquement,  ne met pas en place au rythme que souhaitent  l’Europe et le FMI. Du coup, on accumule tous les handicaps, les réformes trainent en longueur, la croissance s’écroule et le déficit s’accroit. Dans l’accord du 21 juillet, l’Europe a contraint la Grèce à vendre ses actifs (notamment ports, aéroports, trains, énergie, immobilier), une vente qui théoriquement doit rapporter de l’ordre de 50 milliards ce qui malheureusement ne permet que de ramener la dette à 130% du PIB au lieu de 150% actuellement ; Doivent s’y ajouter d’autres réductions de dépenses et de nouvelles hausses d’impôt. Evidemment compte tenu de l’asphyxie de l’économie, rien n’est sûr concernant les futures rentrées fiscales. Autant dire que la Grèce d’une manière ou d’une autre fera défaut. Mais il ne faut pas le dire pour ne pas aggraver la situation et surtout permettre la contagion à d’autres pays (y compris la France). On a aussi décidé une restructuration qui ne dit pas son nom, c’est-à-dire un allongement des délais de paiement et une dévalorisation des créances avec participation « volontaires » des créanciers notamment privés. Il s’agit de racheter de nouvelles obligations en échange des anciennes venant à échéance, cela au même taux que précédemment donc en dessous des taux du marché. En clair allongement des délais et baisse des taux d’intérêts qui constituent une dévalorisation des créances  cet échange devait avoir lieu courant août est loin d’être terminé, les banques se font tirer l’oreille car en fait de volontariat, c’est plutôt contraintes que les banques participent au sauvetage. Au sein même de l’Europe, on se montre peu pressé de mettre en œuvre l’accord du 21 juillet, certains pensent en effet que ce plan ne changera rien et que la Grèce fera finalement défaut. Pour ceux là, le plus tôt serait le mieux, il éviterait de dépenser des milliards d’euros ; Rien que pour la France, le coût actuel du soutien à la Grèce représente 15 à 18 milliards d’euros. Par ailleurs, tout aussi convaincue de l’insolvabilité de la Grèce, la Finlande, elle,  a exigé de la Grèce une contre partie de son aide en actifs. Ce qui est contraire à l’accord du 21 juillet et vient encore compliquer la mise en œuvre du plan. Objectivement quand on examine les chiffres, on ne voit vraiment pas comment le sauvetage de la Grèce pourrait réussir. La dette représente de l’ordre de 350 milliards soit plus de 150% par rapport à son PIB.  La dette à ce montant et dans ces délais d’échéance ne pourra jamais être remboursée d’autant qu’en dépit des cures d’austérité le déficit du budget qui représentait 10.5% en 2010 sera encore du même ordre en 2011. Le budget grec présente un  déficit primaire-avant même le remboursement des intérêts de la dette- qui lui interdit de rembourser cette dette. Si la Grèce devait revenir dans les clous européens, c’est-à-dire à un niveau d’endettement de 60% du PIB, il lui faudrait une vingtaine d’années à condition de dégager un excédent budgétaire primaire de  9 à 15 % selon les hypothèses de croissance de PIB. Il s’agit là d’un objectif impossible à atteindre par aucun pays au monde. L’austérité plonge la Grèce dans le marasme économique, la croissance est nettement dans le rouge (au moins -5% pour le PIB en 2011), le chômage sera de l’ordre de 20% et l’inflation près de 5%. Le problème de la dette grecque en cache un autre, d’une bien autre dimension, à savoir l’avenir de l’euro.  Il ne faut en effet guère compter sur la mansuétude des agences de notation ; Le défaut grec, partiel ou total, aurait de graves répercutions sur l’Euro et la croissance européenne. Première conséquences, la fragilisation des banques engagées dans les dettes souveraines grecques à commencer par les banques françaises. Ce n’est pas un hasard si le FMI a demandé une recapitalisation des banques européennes. Deuxième conséquences : une dégradation de la note de pays endettés comme l’Italie dont on doute de la sincérité du plan daustérité. La dégradation, c’est la montée des taux d’intérêt assurée, donc l’argent largement plus cher et l‘inflation qui grimpe ; pour éviter la dégradation, des pays comme la France seront contraints à de nouvelles restrictions budgétaires qui vont peser sur la consommation, donc sur la croissance. Même l’Allemagne ne serait plus à l’abri des menaces. La solvabilité de l’Allemagne repose essentiellement sur la solidité de son rééquilibrage budgétaire car sa dette, elle, est encore la plus importante d’Europe. Or, cette solidité budgétaire dépend des ressources fiscales et donc de la croissance. Or l’Europe va aussi entrer en récession d’ici la fin de l’année. L’Allemagne a déjà subi les conséquences du ralentissement mondial, elle subit aussi le ralentissement européen, d’où la stagnation de sa croissance au second trimestre. L’existence même de l’Euro (au moins dans sa configuration actuelle avec autant de pays disparates) pourrait alors être menacée. On mesure ainsi la dimension du caractère systémique de la crise d’abord obligataire, ensuite financière puis économique. Parallèlement, il faut maintenant s’attendre à une crise politique compte tenu des différends au sein de la zone euro. 

La règle d’or reportée à beaucoup plus tard en France

La règle d’or reportée à beaucoup plus tard en France Plusieurs raisons expliquent le vraisemblable report de la règle d’or au-delà des élections législatives en France. D’abord, le contexte politique ; une majorité des trois cinquième n’est pas certaine d’être atteinte si on réunissait un congrès à versailles ; Il faudrait pour cela rallier des voix socialistes or le parti socialiste vient de se prononcer contre ce type de vote en ce moment. Pour L’Elysée, il semble désormais préférable d’attendre les élections législatives de juin 2012 en espérant lors de ces élections un plus grand nombre d’élus. Un « non » au congrès aurait par ailleurs un effet très négatif sur les marchés, cela signifierait clairement que la France veut continuer à s’endetter y compris au-delà de ses capacités à rembourser. Ce serait peut-être alors l’occasion pour les agences de notation de dégrader la précieuse note AAA. Cette règle d’or qui va, c’est certain, être adoptée progressivement par nombre de pays en Europe n’est pas, à elle seule suffisante, pour nous imposer la rigueur nécessaire en matière de gestion. Si l’objectif est contesté  par beaucoup de parlementaires, c’est qu’il risque de demeurer théorique  car il suffira comme d’habitude de gonfler artificiellement les perspectives de recettes pour donner l’illusion de l’équilibre des comptes. C’est ce qu’on pratique depuis d’années en surévaluant la possible croissance du PIB dont dépendent les recettes fiscales. Ainsi les promesses de réduction de déficit (5,7% du produit intérieur brut fin 2011, 4,6% fin 2012, 3,0% fin 2013 et 2,0% fin 2014) auront du mal à être tenues. Le déficit 2011 sera entre  6% et 7%, celui de 2012 d’au moins autant et celui de 2013 près de 5% (chiffres qui seront très largement dépassés si la bulle obligataire éclate). Les raisons sont bien connues, des exportations toujours dans le rouge, une consommation qui se tasse nettement, donc une croissance plus faible que prévue et le  chômage qui  ne diminue pas. Du coup, les ressources fiscales ne sont pas à la hauteur. Dès lors, les propositions qui fleurissent ici ou là paraissent dérisoires voire suicidaires. La grande idée est celle qui consiste à créer des obligations européennes, une idée ( de droite et de gauche)  à laquelle s’opposent formellement les allemands qui n’ont pas envie de payer les dérives budgétaires des autres pays. Deuxième grande idée (de la gauche) enlever les investissements d’avenir du calcul de la dette. Quels seraient les critères pour qualifier un investissement d’avenir, tout ou presque peut être qualifié  « investissement d’avenir ». Il s’agit là d’une belle fuite en avant. Autre proposition, augmenter la fiscalité, d’abord sur les « riches » pour faire passer la pilule. Une augmentation de cette fiscalité sur les plus hauts revenus notamment ceux du capital est sans doute utile voire nécessaire mais ces résultats ne seront pas à la hauteur des trous à boucher tant pour le budget de l’Etat que pour la sécurité sociale. Pas question sans doute d’accroitre la fiscalité sur les entreprises déjà plombées par les prélèvements obligatoires. Reste alors la ponction sur le consommateur (la TVA sociale par exemple). Elle paraît inévitable mais cette ponction viendra amputer le pouvoir d’achat des ménages et la consommation, principal moteur de la croissance. On parle aussi de création de caisse de défaisance. Une sorte de mise sur le coté de dettes anciennes mais qui évidemment pose la question de son amortissement, par qui, comment ? Certes la maladie de l’emprunt n’est pas seulement française, elle touche bien d’autres pays en quasi faillite.  On objectera que le concept d’emprunt ne saurait être condamné quand il s’agît d’investir plus être plus compétitifs ou plus innovants. C’est ce que font les entreprises. Mais pour elles, le juge de paix c’est le compte de résultats et le bilan. En cas d’excès, c’est le dépôt de bilan. Une sanction qui n’existe pas pour les collectivités publiques qui en fait ne courent aucune sanction. Cette culture de l’emprunt qui consiste en fait à hypothéquer les ressources futures parfois pour des dizaines d’années devra un jour être remise en cause. D’abord pour les collectivités publiques dont les équilibres financiers risquent de créer la plus grande crise économique que nous ayons connue depuis les années 30. Ensuite aussi pour certaines entreprises incapables de maîtriser leur développement et ou de dégager les marges suffisantes. Enfin pour les particuliers afin d’éviter des situations de quasi défaillance aux conséquences familiales souvent dramatiques. Le crédit n’est sans doute pas une offense à la gestion mais c’est son outrance qui nous condamne. Cette culture de l’emprunt devra être remise en cause pour sauvegarder l’avenir des pays développés. Ce passera nécessairement par une remise en cause de l’Etat providence, son champ, se modalités d’exécution, ses financements. La règle d’or n’est sans doute pas prête d’être inscrite dans la constitution, surement pas avant fin 2012. Quant à son application, compte tenu de la tendance des déficits, il ne faut guère espérer qu’elle puisse être appliquée avant 2016-2017 en tenant compte des prévisions gouvernementales officielles et de leurs dérives. 

Vers la nationalisation de banques européennes

Vers la nationalisation de banques européennes  Une nouvelle fois, Christine Lagarde a affirmé que certaines banques devraient affronter une grave crise de liquidités et que la recapitalisation de « certaines » banques européennes était inévitable. Cette déclaration a encore pesé sur la valorisation en bourse des sociétés bancaires. De son coté, Goldman Sachs  a aussi considéré que les banques européennes devront trouver des fonds propres supplémentaires en cas des décotes sur la valeur de leurs portefeuilles de dette souveraine. Si effectivement des décotes plus importantes sont imposées aux banques sur leurs engagements à risque, ces banques devront trouver de l’argent soit en augmentant leur capital auprès des marchés financiers , soit encore via une intervention des gouvernements qui pourrait alors aboutir à des nationalisations en particulier en Grèce, Italie, Irlande, Espagne et Portugal. Dans l’hypothèse d’un crise de la dette souveraine, 38 banques auraient besoin de 30 à 92 milliards d’euros de capitaux pour revenir à un niveau plancher d’un core Tier One de 5% à 7% ». Le président du directoire de Deutsche Bank, Josef Ackermann, avait déclaré lundi que certaines banques européennes ne survivraient pas si elles devaient réévaluer leurs titres de dette souveraine au prix du marché au lieu d’appliquer la décote de 21% sur la dette grecque proposée lors du sommet européen de juillet. (Voir article) Le FMI a donc confirmé le besoin de liquidité des banques européennes. Un manque de liquidité lié bien sûr à l’insuffisance de fonds propres mais aussi aux réticences des banques elles-mêmes à se prêter entre elles. Principal indicateur de tension sur le marché interbancaire, l’écart entre le principal taux du marché, l’Euribor à échéance 3 mois, et le taux de l’argent au jour le jour (overnight indexed swap ou OIS), a renoué vendredi avec son niveau d’avril 2009, au lendemain de la crise financière.  Il est clair que les doutes sur la crédibilité du plan Grec, l’endettement d’autres pays comme l’Italie, enfin le ralentissement économique pèsent sur les marchés et expliquent la dévalorisation des cotes des valeurs financières. La crise de liquidité n’affecte pas seulement certaines banques européennes mais aussi les autorités monétaires internationales comme le FMI ou la BCE. Le FMI dispose de 390 milliards de dollars qu’il pourrait aisément prêter sans mettre en péril son bilan mais en cas de crise très grave, il pourrait être contraint de prêter jusqu’à prêter 840 milliards de dollars. La BCE de son coté pourrait aussi envisager une augmentation de capital. La banque centrale européenne n’était en effet pas dimensionnée pour intervenir en matière de rachat d’obligations et de prêts aux Etats en difficulté. En outre juridiquement, cette intervention de la BCE est contestable et d’ailleurs contestée par certains Etas y compris l’Allemagne. 

D’après l’OCDE, la récession économique se précise pour la fin de l’année

D’après l’OCDE, la récession économique ee précise pour la fin de l’année L’OCDE prévoit pour la France une croissance  de 0,2% au troisième trimestre et de 0,1% au quatrième. L’Organisation de coopération et de développement économiques admet même  une nouvelle récession dans les pays riches, dont la zone euro engluée dans sa crise de la dette. L’ ‘Allemagne, locomotive économique de la zone euro, ne serait pas épargnée, avec un recul de 0,35% du PIB au quatrième trimestre par rapport au troisième. La BCE reconnaît le net ralentissement économique de la zone euro et prévoit  1,6% de croissance en 2011, contre 1,9% encore prévus en juin Jean-Claude Trichet,  admet  l’ »énorme degré d’incertitude » qui pèse sur l’économie mondiale comme celle de la zone euro. Pour Heinrich Bayer, de la Postbank, les pronostics de la BCE, qu’il juge par ailleurs « trop optimistes », signalent que le mouvement à la hausse des taux opéré depuis avril « est provisoirement gelé ».  Marc Touati, d’Assya Compagnie Financière, craint désormais une légère contraction du PIB au troisième trimestre et une croissance ne dépassant pas 1,6% pour l’ensemble de l’année 2011.  Nicolas Bouzou (Asterès) pronostique  « une récession au quatrième trimestre ou début 2012 qui vaudrait pour les Etats-Unis comme pour la France ».  L’hypothèse gouvernementale d’une croissance de 1,75% en 2012 lui paraît dès à présent hors de portée. « Il faudra réviser du côté de 1,5% et plus probablement de 1% », estime-t-il.  Morgan Stanley s’attendait dès mercredi à une croissance « anémique » d’ici à la fin de l’année en France. Selon la banque d’affaires américaine, l’année finirait à 1,6% et 2012 plafonnerait à 0,9% seulement, en raison d’une « aggravation de la crise des dettes souveraines dans la zone euro et d’un ralentissement du commerce mondial ». Pour la France, encore une mauvaise nouvelle : le commerce extérieur français enregistre pour de juillet, un déficit de 6,46 milliards d’euros. On ne peut plus guère compter que sur la consommation pour redresser le PIB. La croissance économique des pays développés risque donc stagner au second semestre et les banques centrales doivent être prêtes à assouplir leur politique monétaire, en baissant leurs taux d’intérêt ou en intervenant sur les marchés, a estimé jeudi l’OCDE. L’Organisation pour la coopération et le développement économiques prévoit que la croissance des pays du G7 ne devrait pas dépasser 1,6% en rythme annualisé au troisième trimestre et qu’elle devrait tomber à 0,2% sur les trois derniers mois de l’année. Elle a ainsi revu en nette baisse ses prévisions par rapport au scénario attendu en mai dernier, prenant ainsi acte du fait que « la reprise a pratiquement stoppé au deuxième trimestre dans nombre d’économies » et que le commerce mondial s’est contracté. La dégradation de la conjoncture pourrait être particulièrement marquée en Allemagne et en Italie, précise-t-elle, puisque ces deux pays devraient enregistrer un trimestre de croissance négative. L’économie allemande, la première d’Europe, devrait ainsi voir son PIB reculer de 1,4% en rythme annualisé sur les trois derniers mois de cette année, ce qui marquerait un décrochage brutal après une croissance attendue à 2,6% au troisième trimestre. Cette incertitude justifie à ses yeux le maintien de taux d’intérêt inchangés dans la plupart des économies de l’OCDE. L’OCDE envisage même un assouplissement des politiques monétaires. « Si, dans les prochains mois, apparaissent des signes dénotant que la faiblesse persiste ou que l’économie risque de retomber dans la récession, les taux devront être abaissés là où des marges de manœuvre existent », juge l’organisation. Et là où ces marges font défaut ( comme aux Etats-Unis par exemple) , poursuit-elle, « d’autres mesures pourraient être prises », comme des interventions des banques centrales sur les marchés de capitaux et des engagements fermes de maintenir des taux pendant une période prolongée. La Banque centrale européenne (BCE) pourrait annoncer ce jeudi une pause dans la phase de remontée des taux ouverte il y a à peine cinq mois. Aux Etats-Unis, certains observateurs n’excluent pas de voir la Fed s’engager dans une nouvelle phase d’ »assouplissement quantitatif » en rachetant des obligations d’Etat sur le marché secondaire. En clair, si la récession se confirme pur la fin de l’année, la BCE devra aller bien au-delà du maintien des taux d’intérêt et opérer une réduction, coté Etats-Unisb faute de marge de manouvre, ce pourrait être une nouvelle politique de type QE3 (même si on est aujourd’hui assez divisé sur ce point au sein même de la FED).  

Trou de la sécurité sociale : un déficit historique de 30 milliards

Trou de la sécurité sociale : un déficit historique de 30 milliards 

 

 

Le rapport annuel de la Cour des comptes sur la sécurité sociale constitue une condamnation sans appel. « Jamais le déficit de celle-ci n’a atteint un niveau aussi élevé qu’en 2010 avec un 

montant de 29,8 Md€. Il a plus que triplé en deux ans (-8,9 Md€ en 2008).Pour l’essentiel, ces déficits se sont concentrés sur le régime général, dont toutes les branches ont vu leur déficit augmenter, et sur le FSV, chroniquement sous-financé. Mais le déséquilibre de la branche vieillesse du régime des exploitants agricoles, qui a dû être financé par recours à un emprunt bancaire, est également extrêmement préoccupant. Le niveau exceptionnellement élevé des déficits ne s’explique que partiellement parla crise économique. Les facteurs structurels expliquent environ  0,7 point d’un déficit du régime général qui a représenté 1,2 point de PIB en 2010. Leur accumulation entretient une spirale d’accroissement de la dette sociale : l’endettement du régime général préfinancé par l’agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS) a doublé d’une année sur l’autre pour atteindre 49,5 Md€ et celui porté par la caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES) est de 

86,7 Md€, soit un total de 136,2 Md€ fin 2010.Comme l’a déjà exprimé la Cour, notamment dans son rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques de juin dernier, le déficit de la sécurité sociale constitue en soi une anomalie. Aucun de nos grands voisins européens n’accepte des déséquilibres durables de sa protection sociale. La Cour a cherché à mettre en perspective les modalités de financement de la dette sociale depuis la création de la CADES en 1996, dont le coût en termes de charges d’intérêts s’est élevé à 30 Md€ depuis l’origine. Ce dispositif exceptionnel de 

cantonnement de dette, en principe limité dans le temps et financé par un prélèvement spécifique, s’est banalisé avec la récurrence et l’importance grandissante des transferts de dettes fixés désormais à 260 Md€, le doublement de la durée de vie de la caisse etaussi le faible niveau actuel des taux d’intérêt qui rend plus indolore le poids de l’endettement. Devenu déresponsabilisant, ce système a été poussé à ses limites, alors même qu’en l’état actuel de la trajectoire prévue pour le redressement des comptes 

sociaux des déficits supplémentaires devront être repris. Revenir à l’équilibre des comptes sociaux est ainsi un impératif » Il n’est pas utile d’ajouter un commentaire à cette évaluation de la Cour des comptes. Le déficit de la sécu s’ajoute évidemment à celui du budget de l’Etat qui compte tenu du ralentissement économique sera proche de 7%. De quoi inquiéter les investisseurs. De ce point de vue la réduction prévue de 1 milliard des dépenses budgétaires pour 2011 peut paraître dérisoire. 

Union Economique : des disparités salariales qui faussent la concurrence

Union Economique : énormes disparités salariales 

Salaires mensuels de 92 euros pour la Roumanie et 1570 pour le Luxembourg. Une différence qui témoigne évidemment de l’absence totale d’harmonisation à l’intérieur de l’Europe et qui fausse complètement les conditions de concurrence. C’est évidemment l’un des facteurs de délocalisation de notre industrie et même de certains services. L’Europe de ce point de vue reste à construire et il faudrait y ajouter d’autres disparités économiques, budgétaires, sociales, fiscales ou encore environnementale. L’Europe n’est même pas une union économique mais une simple zone de libres échanges. 

Dans les pays européens ou existent des salaires minimum, l’écart est considérable.  Dans vingt Etats Membres de l’Union Européenne (Belgique, Bulgarie, Espagne, Estonie, Irlande, Grèce, France, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie, 

Slovénie, République tchèque et Royaume-Uni) ainsi que dans un pays candidat (Turquie), les négociations collectives doivent respecter un salaire minimum légal national. Dans les autres Etats membres, ce salaire minimum légal national n’existe pas. Le graphique  présente le niveau du salaire minimum dans les États Membres (EM), dans un pays candidat et aux Etats-Unis en janvier 2007. Au Sein des Etats Membres, le salaire minimum variait de 92 euros (Bulgarie) à 1570 euros bruts (Luxembourg). Concernant le pays candidat (PC), le salaire minimum était de 298 euros en Turquie. Trois groupes de pays européens se distinguent en fonction du niveau du salaire minimum. Le premier groupe inclut la Turquie, ainsi que 9 des 22 Etats Membres (Bulgarie, Roumanie, Lettonie, Lituanie, Slovaquie, Estonie, Pologne, Hongrie et République tchèque). Le salaire minimum y était compris entre 92 et 298 euros au 1er janvier 2007. Le deuxième groupe, avec un salaire minimum compris entre 470 et 668 euros, comporte cinq Etats membres (Portugal, Slovénie, Malte, Espagne et Grèce). Le troisième groupe, quand à lui, comprend 6 Etats Membres (France, Belgique, Pays-Bas, 

Royaume-Uni, Irlande et Luxembourg) et le salaire minimum y est supérieur à 1250 euros. Aux Etats-Unis, le salaire minimum fédéral est de 676 euros. 

En standard de pouvoir d’achat, l’écart est à peu près du même ordre. Désormais beaucoup d’activités industrielles ou de services sont délocalisables depuis la suppression des frontières à l’intérieur de l’Union. Il est clair que les économies à fortes rémunérations (et à forte fiscalité) ne peuvent évidemment résister face à la compétitivité des nouveaux entrants. Si l’on prend l’exemple du transport, on se rend compte que les pavillons low cost ne cessent de progresser au détriment des pavillons de l’ancienne Europe. Ainsi le pavillon français qui assurait dans les années 90 de l’ordre de 50% du trafic bilatéral (trafic entre pays européen) est aujourd’hui en voie de disparition avec moins de 10% en 2011. Le transport est bien entendu très sensible au différentiel de concurrence entre les pays européens puisque par définition sa mission est de s’affranchir de la distance par la vitesse. Ce phénomène de distorsion de concurrence vaut pour bien d’autres activités économique, l’industrie, les services et même l’agriculture. On pourrait objecter que des progrès sociaux (et dans d’autres domaines) sont effectués chez les nouveaux pays européens. Ceci étant la différence est telle qu’il faudra sans doute 20 à 30 ans pour parvenir à une véritable harmonisation. 

On a vu ce qu’il en coûtait d’accepter des pays comme la Grèce dont les normes sont notoirement éloignées des pays du noyau dur de l’Europe (en gros les 15). La facture sera élevée car il est à peu près probable que la Grèce ne pourra jamais rembourser, en tout cas la totalité de ses dettes. L’Europe n’est pas seulement en crise financière (à cet égard la crise touche aussi les grands pays européens), elle est surtout en crise de fonctionnement économique, en crise sociale, fiscale, environnementale ; Enfin sa légitimité démocratique est plus que discutable compte tenu de son mode de fonctionnement et du peu d’intérêt des citoyens pour cette Europe là (voir les records d’abstention dans tous les pays). Une autre Europe est possible, nécessaire certainement mais pas de cette manière et sûrement pas à 27, 30 et demain 35 ou 40. 


Le FMI veut une relance économique

FMI: pour la relance économique 

5-9-2011 19h00 

Après avoir pendant des mois mis l’accent sur l’assainissement de l’endettement, les autorités internationales semblent prendre conscience de la nécessité maintenant de relancer la machine économique. La baisse des bourses témoigne de l’urgence   de signes dans ce sesns. Il est clair que l’affaiblissement de l’économie mondiale en particulier aux Etats Unis et en Europe ne peut que remettre en cause les équilibres budgétaires et accroitre encore le poids des dettes. Le FMI, par la voix de C. Lagarde, invite donc les deux zones économiques particulièrement en difficulté à soutenir plus fermement l’activité. « Si les Etats-Unis lancent un programme crédible d’ajustement à moyen terme, il y a sans doute de la marge pour abandonner les mesures d’austérité à court terme et présenter des mesures pour soutenir la croissance », déclare la directrice générale du Fonds monétaire international dans un entretien au Spiegel. La préoccupation de l’endettement ne doit pas bien sûr être abandonnée mais il s’agit de trouver un plus juste équilibre entre l’austérité nécessaire aux réajustements budgétaires et le soutien à la croissance. »En ce qui concerne l’Europe, nous recommandons aux pays d’ajuster leurs programmes d’austérité compte tenu d’une situation modifiée et d’envisager des mesures pour alimenter la croissance. » D’une certaine manière C. Lagarde rééquilibre son propos après avoir suscité beaucoup de réactions suite à son propos concernant la nécessité de recapitaliser les banques européennes. Le FMI veut ainsi démonter qu’il est tout aussi attentif aux risques financiers qu’à la croissance. Il est clair que l’Europe comme les Etats Unis sont sur une tendance économique baissière proche de la récession et que le FMI ne souhaite qu’on sacrifie totalement le développement économique sur l’autel de l’assainissement des comptes notamment publics. la priorité des autorités économiques va toutefois pencher en favouer du soutein à l’activité.

Etats-Unis : la récession économique

Etats-Unis : la récession  En dépit de quelques manipulations statistiques pour afficher une stabilité du taux de chômage à 9.1% en août, la situation de l’emploi montre que les Etats-Unis sont bien entrés dans une phase de récession. En fait, on a supprimé davantage d’emplois qu’on en a créés si on tient compte des emplois publics et privés. Les chiffres de l’emploi aux Etats-Unis sont les plus mauvais depuis ceux de septembre 2010, mois au cours duquel l’économie américaine avait détruit plus d’emplois qu’elle n’en avait créés. « Les chiffres publiés sont très décevants, ils ravivent les craintes d’un retour en récession de l’économie américaine et renforcent la probabilité de voir la Réserve fédérale américaine adopter des stimulants monétaires », a jugé Michael Hewson, analyste chez CMC Markets à Londres. En effet si  le taux de chômage est stable à 9,1%, ce résultat est surtout du à la révision en baisse des chiffres de juillet : 85 000 au lieu de 115 000 annoncés ; même révision aussi en juin 20 000 emplois au lieu de 46 000 annoncés. Le privé a créé seulement 17 000 emplois alors qu’on espérait 100 000  (+ 154 000 en juillet). Dans le secteur manufacturier, on  a supprimé 3.000 emplois, alors qu’on espérait 4.000 créations d’emplois après +36.000 (révisé de +24.000) en juillet. Le public a supprimé 17.000 emplois, après en avoir détruit 71.000 en juillet (révisé de -37.000). Grâce à ces révisions en baisse des chiffres du mois précédent, on parvient ainsi à afficher une stabilité du taux de chômage. Reste à savoir si Obama qui va annoncer un plan de relance et Ben Bernanke disposent réellement de munitions pour inverser la tendance. Rien n’est moins sûr. Obama, qui vient d’obtenir le relèvement du plafond de sa dette, ne peut engager de nouveaux moyens budgétaires sans fragiliser encore un peu plus son endettement. Par ailleurs, il ne faut pas compter sur les conservateurs pour l’encourager dans ce sens sans réductions au moins équivalentes d’autres dépenses. Les marchés espéraient- et espèrent toujours- que la FED annoncera le 20 septembre des nouvelles mesures d’assouplissement monétaire pour relancer l’économie. En fait, il semble bien qu’une nouvelle politique de type QE3 ne sera pas retenue par la FED d’autant que la politique QE2 n’a pas donné les résultats escomptés ;Il y aura sans doute des mesures de stimulations  monétaires mais à caractère plus technique qu’un QE3.La situation révèle que les Etats-Unis sont bien entrés maintenant dans une phase de récession, témoin l’indice  ISM du secteur manufacturier en recul ( d’où la suppression de 3000 emplois en août). Le moral des ménages américains en août est à son niveau le plus bas depuis avril 2009. , les américains, comme les européens taillent dans leurs dépenses. Le  Prix des logements aux Etats-Unis est encore en baisse en juin, selon l’enquête Case-Shiller. Les dépenses de construction aux Etats-Unis ont par ailleurs reculé de 1,3% au mois de juillet, leur plus forte baisse depuis janvier, selon les chiffres du département américain du commerce. Par ailleurs,  l’indice de confiance des chefs d’entreprises chute  en août à son plus bas niveau depuis un an et demi, soit le sixième repli mensuel consécutif. Les mauvais indicateurs commencent à tomber. Juillet et août seront très mauvais. La croissance s’oriente vers la récession. Obama a du réviser à la baisse son objectif de croissance ainsi que celle concernant le déficit budgétaire. Le  FMI s’apprête à réviser fortement les prévisions de croissance aux Etats-Unis. En juin, on comptait sur une progression du PIB américain de 2.5%, la prochaine prévision retient seulement 1.6% pour 2011. Il faut rappeler que la croissance avait enregistré une progression de 3% en 2010. En fait ces prévisions du FMI devront être sérieusement revues à la baisse avec les mauvais chiffres du second semestre. Les Etats-Unis (comme l’Europe) cumule désormais trois handicaps aux interactions cumulatives : la récession, l’endettement et l’inflation. Cette fois, il sera bien difficile aux marchés de trouver quelques motifs d’espoir susceptibles de provoquer des rebonds techniques significatifs ; il y a davantage à parier que, pour les jours et les semaines à venir, les investisseurs vont fuir les valeurs à risque au moins jusqu’à la décision de Ben Bernanke du 20 septembre. Une quinzaine très agitée et très volatile est à prévoir. 

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