Dette Grèce : vers un défaut pour novembre ou décembre

Grèce : un défaut pour novembre ou décembre 

Le dossier grec ne cesse de cangréner la stabilité européenne et au-delà l’ensemble des bourses mondiales. C’est un sujet permanent de discorde au sein de l’Europe.De ce point de vue, les déclarations des allemands, des autrichiens, des finlandais et des slovaques aux cours de la réunion des ministres des finances de vendredi ne sont guère porteuses d’espoir pour la Grèce ; il faut dire que la Grèce fait du chantage à la cessation de paiement depuis des jours et presse l’Europe de lui verser une nouvelle tranche d’aide. Une attitude que n’apprécient guère les pays du nord d’autant que les réformes promises par Athènes sont loin d’être réalisées. Du coup la réaction est plutôt négative, la prochaine tranche ne sera pas versée avant octobre et cela en fonction de la nouvelle évaluation que va effectuer le trio UE, FMI, BCE. On se souvient que ce trio avait quitté Athènes précisément pour protester contre la lenteur des réformes. Le plan du 21 juillet concernant la Grèce est plus que menacé, d’une part par la Grèce qui ne tient pas ses engagements, d’autre part par les réticences de certains pays européens qui pensent que de toute manière la Grèce est condamnée au défaut. Le ministre grec des Finances, Evangélos Vénizélos, a reconnu que le pays ne respecterait pas son objectif de déficit public pour 2011 du fait de l’aggravation de la récession.   »Une telle annonce remet en cause le second plan de sauvetage qui a été annoncé le 21 juillet. Il ne pourra pas être mis en place si le pays est incapable d’instaurer des plans de rigueur rapidement efficaces », s’est inquiété Renaud Murail, gérant d’actions chez Barclays Bourse à Paris. Pour manifester leur mauvaise humeur, les représentants de la Commission européenne, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE) ont quitté la Grèce  et ont donc  donné dix jours au gouvernement pour faire avancer les réformes structurelles. La commission parlementaire grecque indépendante avait pourtant tiré la sonnette d’alarme en indiquant que la « la dette n’était plus sous contrôle ». Ce qui avait fait vivement régir le ministre grec des finances. »Il est clair que cet organisme », dont la mission est d’informer les commissions parlementaires compétentes, « ne dispose ni des connaissances, ni de l’expérience, ni de la responsabilité » requises, a- déclaré le ministre grec des finances. Après ces critiques, la directrice de l’organisme, l’économiste Stella Savva-Balfousia, a présenté sa démission. C’est un peu comme si en France, le ministre des finances déclarait que la Cour des comptes est incompétente ! Ce conflit entre le ministre grec et la commission indépendante,  spécialement mise en place pour suivre le budget grec, ne clarifie fie pas la situation. D’autant que des doutes de plus en plus nombreux émergent vis à vis de la solvabilité de la Grèce. La Grèce négocie actuellement le versement d’une sixième tranche du prêt accordé l’an passé. Par ailleurs, elle bataille durement pour la mise en œuvre du plan adopté par l’Europe le 21 juillet. En fait, les réticences européennes sont de plus en plus nombreuses vis-à-vis de la dette grecque qui représente 350 milliards et qui au lieu de se réduire ne fait que progresser. En cause, l’insuffisance des mesures structurelles notamment celles relatives aux privatisations, à la fiscalité et au marché du travail. Mesures très impopulaires que le gouvernement grec, qui ne veut pas se griller totalement politiquement,  ne met pas en place au rythme que souhaitent  l’Europe et le FMI. Du coup, on accumule tous les handicaps, les réformes trainent en longueur, la croissance s’écroule et le déficit s’accroit. Dans l’accord du 21 juillet, l’Europe a contraint la Grèce à vendre ses actifs (notamment ports, aéroports, trains, énergie, immobilier), une vente qui théoriquement doit rapporter de l’ordre de 50 milliards ce qui malheureusement ne permet que de ramener la dette à 130% du PIB au lieu de 150% actuellement ; Doivent s’y ajouter d’autres réductions de dépenses et de nouvelles hausses d’impôt. Evidemment compte tenu de l’asphyxie de l’économie, rien n’est sûr concernant les futures rentrées fiscales. Autant dire que la Grèce d’une manière ou d’une autre fera défaut. Mais il ne faut pas le dire pour ne pas aggraver la situation et surtout permettre la contagion à d’autres pays (y compris la France). On a aussi décidé une restructuration qui ne dit pas son nom, c’est-à-dire un allongement des délais de paiement et une dévalorisation des créances avec participation « volontaires » des créanciers notamment privés. Il s’agit de racheter de nouvelles obligations en échange des anciennes venant à échéance, cela au même taux que précédemment donc en dessous des taux du marché. En clair allongement des délais et baisse des taux d’intérêts qui constituent une dévalorisation des créances  cet échange devait avoir lieu courant août est loin d’être terminé, les banques se font tirer l’oreille car en fait de volontariat, c’est plutôt contraintes que les banques participent au sauvetage. Au sein même de l’Europe, on se montre peu pressé de mettre en œuvre l’accord du 21 juillet, certains pensent en effet que ce plan ne changera rien et que la Grèce fera finalement défaut. Pour ceux là, le plus tôt serait le mieux, il éviterait de dépenser des milliards d’euros ; Rien que pour la France, le coût actuel du soutien à la Grèce représente 15 à 18 milliards d’euros. Par ailleurs, tout aussi convaincue de l’insolvabilité de la Grèce, la Finlande, elle,  a exigé de la Grèce une contre partie de son aide en actifs. Ce qui est contraire à l’accord du 21 juillet et vient encore compliquer la mise en œuvre du plan. Objectivement quand on examine les chiffres, on ne voit vraiment pas comment le sauvetage de la Grèce pourrait réussir. La dette représente de l’ordre de 350 milliards soit plus de 150% par rapport à son PIB.  La dette à ce montant et dans ces délais d’échéance ne pourra jamais être remboursée d’autant qu’en dépit des cures d’austérité le déficit du budget qui représentait 10.5% en 2010 sera encore du même ordre en 2011. Le budget grec présente un  déficit primaire-avant même le remboursement des intérêts de la dette- qui lui interdit de rembourser cette dette. Si la Grèce devait revenir dans les clous européens, c’est-à-dire à un niveau d’endettement de 60% du PIB, il lui faudrait une vingtaine d’années à condition de dégager un excédent budgétaire primaire de  9 à 15 % selon les hypothèses de croissance de PIB. Il s’agit là d’un objectif impossible à atteindre par aucun pays au monde. L’austérité plonge la Grèce dans le marasme économique, la croissance est nettement dans le rouge (au moins -5% pour le PIB en 2011), le chômage sera de l’ordre de 20% et l’inflation près de 5%. Le problème de la dette grecque en cache un autre, d’une bien autre dimension, à savoir l’avenir de l’euro.  Il ne faut en effet guère compter sur la mansuétude des agences de notation ; Le défaut grec, partiel ou total, aurait de graves répercutions sur l’Euro et la croissance européenne. Première conséquences, la fragilisation des banques engagées dans les dettes souveraines grecques à commencer par les banques françaises. Ce n’est pas un hasard si le FMI a demandé une recapitalisation des banques européennes. Deuxième conséquence : une dégradation de la note de pays endettés comme l’Italie (toujours sous surveillance des agences de notation). La dégradation, c’est la montée des taux d’intérêt assurée, donc l’argent largement plus cher et l’inflation qui grimpe ; pour éviter la dégradation, des pays comme la France seront contraints à de nouvelles restrictions budgétaires qui vont peser sur la consommation, donc sur la croissance. Avec le défaut grec, on redoute l’effet de contagion sur d’autres pays endettés dont la France. On mesure ainsi la dimension du caractère systémique de la crise d’abord obligataire, ensuite financière puis économique. Il est clair que la Grèce porte la responsabilité première de sa situation mais la lente agonie à laquelle on la condamne n’est pas non plus très responsable. Le soutien financier ne sert à rien, la Grèce de pourra rembourser toutes ses dettes et la croissance ne cesse de s’effondrer en dépit de l’austérité. Bref l’échec total mais pourtant prévisible. Il serait temps de prendre enfin une poistion claire vis à vis de la Grèce, ou bien on assume totalement le soutien financier nécessaire pour éviter le défaut, on le dit et surtout on le fait; Ou bien, on  on décide de ne plus assurer la perfusion financière et la Grèce fait immédiatement défaut, en tout cas d’ici la fin de l’année ( ce que laisseront entendre les inspecteurs de l’UE et du FMI). Il faudra assurer les pertes mais cela dégagerait un horizon obligataire, financier et économique aujourd’hui sans aucune visibilité.

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