Déficit commercial: record en 2011 ?

 Par suite de problèmes techniques merci de consulter les informations complètes de « transport société » sur le site: http://www.transportsociete.fr/    

En avril, le déficit commercial a nettement augmenté, il ressort à 7,14 milliards d’euros, contre 5,91 milliards en mars. Sur la tendance, le déficit de 2011 pourrait atteindre un nouveau record ; Ce déséquilibre teint à l’environnement économique conjoncturel qui faiblit mais davantage encore à des facteurs structurels notamment à la désindustrialisation de notre pays.   

 En une vingtaine d’années, la part de la croissance industrielle dans la richesse nationale a perdu dix points passant de 29% du PIB à 17%. La France semble  moins bien placée que d’autres pour bénéficier de la croissance des pays émergents à la différence de l’Allemagne qui compense l’atonie de la demande interne par la vigueur des exportations. En France depuis plusieurs années, le solde des échanges est dans le rouge ; il y a donc un problème conjoncturel mais aussi structurel. En effet  l’évolution du prix du pétrole et des matières premières est loin d‘expliquer, à elle seule, l’affaiblissement de nos exportations industrielles.   

France part de l’industrie dans le PIB en valeur       
   1980  1990  2009 
   29  23,5  17 

    La question du déclin de l’industrie est tellement inquiétante que certains se demandent si un pays comme le nôtre a encore besoin d’une industrie. Question sans doute un peu vite posée car il faut d’abord relativiser la perte de poids de l’activité industrielle. En effet sous le double effet de la montée des services et de l’abaissement de ses prix, l’activité n’a pas régressé en volume mais en part relative du PIB. Certes ce poids est passé de 29 à 17% du PIB, mais il faut également tenir compte des phénomènes d’externalisation. Phénomènes qui se sont traduits par des transferts de postes dans les activités de services (informatique, entretien, nettoyage, transport logistique ; sécurité, nettoyage, certaines opérations comptables etc.). De sorte qu’il est difficile de faire la part des emplois transférés et des emplois supprimés.

 Evolution commerce extérieur  La France se désindustrialise   

  Entre une vingtaine d’années, ce secteur a perdu près de 40% de ses effectifs soit 2 millions d’emplois. Ce mouvement qui est général dans tous les pays occidentaux, est plus accentué en France que dans l’ensemble de l’Union européenne. Ce phénomène a trois raisons : le transfert de certaines tâches au secteur au secteur des services, la déformation de la structure de la demande au cours du temps et la concurrence étrangère. Concernant le premier point, si l’externalisation a provoqué un fort essor des services aux entreprises dont les effectifs ont été multipliés par 4 en quarante ans pour atteindre 4 millions de salariés avant la crise de 2008, une étude estime qu’elle n’a enlevé à l’industrie qu’environ 400 000 emplois entre 1980 et 2007. Le second point lié à la hausse de la productivité, aurait « coûté » 567 000 emplois environ entre 1980 et 2007. La hausse de la productivité agit de deux façons : elle réduit le personnel nécessaire et élève le niveau de vie et donc la demande de service. Enfin, l’effet de la concurrence étrangère est difficile à évaluer. depuis 2002, le déficit commercial ne faiat que s’aggarver passanat de -5739 millions d’euros  en 2004 à -44439  en 2009, -51411 en 2010 et à -61272 sur les douze derneirs mois.  

 L’Allemagne résiste grâce à son savoir-faire 

  En Allemagne, les exportations sont venues suppléer une demande intérieure faiblarde. L’Allemagne a pu ainsi profiter de la reprise mondiale et en particulier de la demande  des pays émergents. L’Allemagne possède encore de nombreux atouts grâce à son savoir faire technique, à la qualité de ses produits mais aussi à sa compétitivité.  Le pays a su maintenir des gains de productivité notamment du fait de la modération salariale négociée avec les syndicats (parfois avec difficultés mais c’est quand même mieux qu’en France où on ne négocie pratiquement pas !). Ceci étant l’Allemagne présente aussi des faiblesses, c’est vrai pour certaines technologies notamment les biotechnologies et les technologies de l’information. Les évolutions constatées en Europe sont à peu près les mêmes dans d’autres grands pays comme le Japon, les Etats- unis ou le Canada  En fait on assiste à une restructuration du système de production à l’échelle mondiale avec une nouvelle division internationale du travail ; une restructuration caractérisée par une relocalisation des différents segments de la chaîne de valeur ajoutée en fonction d’une part des avantages comparatifs de chaque pays ou zones et des débouchés commerciaux.  

 Une nouvelle ampleur de la division du travail 

   D’une certaine manière, ce phénomène n’est pas nouveau mais ce qui le caractérise aujourd’hui c’est son ampleur et sa dimension spatiale. Une vaste redistribution des cartes en fonction des compétences, de la compétitivité et des opportunités. Les besoins des pays émergents sont pourtant immenses et la France devrait être mieux placée en particulier sur les secteurs des centrales électriques, des usines aluminium, des aciéries ou encore des automobiles. Certes, les français sont présents mais pas assez, à la différence des allemands par exemple. C’est là que se trouvent les gisements de croissance mondiale et les retombées sur l’industrie française et son emploi seraient loin d’être négligeables ; la grande question est celle du maintien de la performance industrielle française. Cela implique une dynamique plus ambitieuse sur les secteurs les plus porteurs : technologies de l’information, nanotechnologies, énergie du futur, biotechnologies. De ce point de vue nous souffrons comme d’autres pays européens d’un manque de moyens en recherche développement et d’un manque de coordination sur notre continent.   

Donner un nouvel élan à la politique industrielle   

L’exemple d’Airbus devrait pourtant nous prouver que sur des secteurs de pointe très consommateurs de capitaux et de recherche-développement les enjeux sont hors de portée d’un seul pays.  Il en va de même dans l’aérospatiale et dans bien autres secteurs comme la construction ferroviaire. Donner un nouvel élan à la politique industrielle, c’est incontournable car c’est là que se nourrit l’économie de la  connaissance seule capable de préserver notre performance, nos emplois et nos niveaux de vie. D’où un effort de recherche de développement à effectuer dans le privé comme dans le public (avec des coopérations plus fortes entre les deux). Une recherche développement pas seulement destinée à nos grandes sociétés mais qu’il faut diffuser dans tout le tissu économique à travers de nouveaux réseaux de coopération en particulier par filière. Il conviendrait également de mieux analyser les nouvelles interactions services industries dont les anciennes frontières deviennent obsolètes.  Souvent les produits intègrent autant de services que de production matérielle proprement dite témoins la montée des investissements immatériels (brevets, licences, logiciels, études, formation, publicité, logiciels etc.). Ce nouvel élan suppose aussi d’éliminer les facteurs qui plombent la compétitivité notamment la fiscalité et les entraves à la productivité ; de ce point de vue, les transports constituent un exemple de ce qu’il ne faut pas faire ; témoin la quasi disparation du pavillon français en transport routier international (voir article).      

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