Inflation : l’essence trop chère alimente la hausse des prix

Dans un article du 9 mai intitulé « carburant 1.55, bientôt 2 euros », nous analysions les facteurs explicatifs de la hausse probable de l’essence ; la tendance se confirme puisque aujourd’hui, en moyenne cette fois, le litre du super 95 est à 1.55 euros et peut monter jusqu’à 1.80 à Paris. C’est un nouveau record historique qui indique que la perspective de 2 euros est peut-être plus proche que prévu et que l’inflation va encore croître. Chistine Lagarde, qui avait conseillé de prendre son vélo lors de la flambée de 2008, vient d’en prendre conscience après un raport de la direction de la concurrence. 

 

 

L’essence progresse davantage que le pétrole Il est pourtant difficile d’imputer totalement la hausse du carburant à la flambée du pétrole. Le prix du baril est en ce moment à 113 dollars contre 148 dollars en 2008 alors que le prix moyen du super 95 est aujourd’hui de 1,5469 euro le litre contre 1,4902 euro le litre en juillet 2008, le dernier record. La corrélation n’est donc pas aussi évidente ( même en intégrant la parité euro-dollar). Comme déjà développé, l’équilibre offre-demande pèse sur les cours du pétrole. Il faut aussi ajouter à cela les incertitudes politiques de certains  pays producteurs et sans doute déjà l’effet de la guerre des monnaies notamment entre le dollar et l’Euro. Les dettes souveraines inquiètent de plus en plus les marchés notamment en Europe. Du coup, c’est la crédibilité de l’euro qui est mise en doute ; d’où l’affaiblissement actuel de l’Euro qui cependant ne pèse qu’en partie sur le renchérissement du carburant à la pompe. En vérité, les marchés se protègent déjà dune dévaluation de fait de l’euro et anticipent son évolution.

Vers une dévaluation de fait de l’Euro 

 

Une dévaluation de fait quand on regarde l’évolution des parités monétaires mais aussi et surtout l’inflation. L’inflation est une manière indolore (ou presque) de dévaluer et de récupérer auprès du consommateur ce qu’on n’ose pas réclamer au contribuable pour amortir la dette. Des considérations techniques peuvent permettre de comprendre partiellement le décalage entre la hausse du pétrole et celle de l’essence (insuffisance et inadaptation des équipements de raffinage, hausse des coûts de ce raffinage etc.) ; mais il y a autre chose, à savoir le doute qui s’installe sur la vraie valeur de l’euro voire sur la pérennité de la monnaie européenne (voir à cet égard le nouvel avertissement lancé vis-à-vis de la dette grecque et de l’Italie). En tout état de cause la hausse de l’essence est une mauvaise nouvelle pour une inflation déjà trop forte par rapport au PIB et donc aussi un mauvais coup pour la croissance. Espérons que Christine Lagarde ne se limitera pas, comme en 2008, à conseiller l’usage du vélo.

 

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