Electricité: + 30% d’ici 2012

  Le 7 juillet 2009,  le PDG d’EDF avait souhaité une augmentation de 20% sur trois ans.  Cette hausse correspondait à une moyenne de 6,2% par an. Après les réactions violentes des utilisateurs, l’augmentation avait été nettement revue à la baisse sur pression du gouvernement (autour de l’inflation). P. Gadonneix avait été remercié et remplacé par M. Proglio. Ce dernier vient d’annoncer une hausse de 30% d’ici 2015, ce qui nous ramène aux prévisions de l’ancien président. Cette envolée des prix s’inscrit dans le cadre du renchérissement général de toutes les énergies notamment du pétrole (120 dollar le baril à Londres le 18 avril 2011). Elle découle aussi dune gestion pour le moins critiquable d’EDF. Les conséquences ne seront pas neutres pour l’économie et  l’environnement y compris les transports. La France s’est longtemps enorgueillie de sa politique nucléaire et du faible coût de l’électricité ; comme souvent pour les entreprise dont l’Etat est actionnaire, la transparence des comptes n’a guère permis d’être lucide sur l’état de la gestion. En réalité EDF doit faire face aujourd’hui à des enjeux financiers considérables. Il y a d’abord son endettement, autour de 45 milliards qui génèrent évidemment des frais financiers considérables ; La remontée des taux d’intérêt ne va guère faciliter la gestion de cette dette. Cet endettement est aussi lié à des investissements à l’étranger très hasardeux ; Edf devra également engager des dépenses considérables pour entretenir et rénover ses centrales dont le taux de disponibilité est seulement de 78% ; des dépenses qui représentent des investissements de 24 milliards.   L’électricité moins chère en France 

Il est vrai que le consommateur a bénéficié de tarifs avantageux pendant longtemps. Pour l’électricité à usage domestique, La moyenne de l’UE à 15 est de 158,1 €/MWh. Le maximum est de 257,9 €/MWh (Danemark) et le minimum de 72,0 €/MWh (Grèce). La France se situe sensiblement en dessous de la moyenne, à 121,1 €/MWh, et n’est devancée que par la Grèce (. Les pays les plus chers sont le Danemark suivi de l’Italie (232,9 €/MWh), les Pays-Bas (218,0 €/MWh) ou l’Allemagne (194,9 €/MWh).  La moyenne de l’UE à 15 (hors Danemark et Luxembourg) pour l’électricité à usage industriel est de 80,3 €/MWh. Le maximum est de 111,5 €/MWh (Irlande) et le minimum de 54,1 €/MWh (France). La France rejoint pratiquement la Finlande (54,0 €/MWh). L’Irlande , l’Italie (98,3 €/MWh), l’Allemagne (92,7 €/ MWh) ou la Belgique (83,4 €/MWh) ont des prix plus élevés. (Source observatoire de l’énergie) 

Prix de l’électricité TTC en euros pour 1 MWh 
France  Espagne  Royaume-Uni  Suède  Allemagne  Italie 
Usage domestique  121  122  132  171  195  233 
Usage industriel  70  91  112  59  125  140 
Source : Observatoire de l’Energie, 2007 

Une compétitivité au prix d’une gestion très approximative 

Il est clair que la gestion d’EDF suscite de sérieuses interrogations même si le choix du nucléaire a permis de produire une énergie longtemps compétitive au regard des autres pays européennes. L’importance de l’endettement et le volume des investissements à venir ne peuvent que conduire à un net renchérissement du prix de l’électricité. L’absence de concurrence dans ce domaine n’a pas facilité non plus la rigueur de gestion. A cet égard, les récentes décisions concernant le prix excessif de cession risquent de tuer toutes velléités de concurrence de nouveaux distributeurs. Reste à savoir si l’Europe qui a déjà fortement critiqué le système français acceptera la nouvelle situation monopolistique de fait d’EDF. Parmi les insuffisances de gestion, il faut aussi signaler outre le manque de disponibilité des centrales nucléaires.

 Des conséquences lourdes pour l’économie, les transports et l’environnement 

Le prix de l’énergie est un des éléments stratégiques pour le développement des véhicules électriques. Les incertitudes sur le prix du pétrole, la hausse des autres énergies créent des incertitudes pour orienter la recherche et surtout pour développer la production industrielle de véhicules moins polluants. Le prix des différentes énergies aura aussi des effets néfastes sur la croissance et donc sur l’emploi. Enfin, l’environnement sera affecté si l’électricité (nucléaire ou non) ne prend pas le relai suffisamment tôt des énergies fossiles. 

0 Réponses à “Electricité: + 30% d’ici 2012”


  • Aucun commentaire

Laisser un Commentaire




L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol